Tag Archives: littérature

Paris, la ville, les livres : à la carte !

17 Août

La Conciergerie en littérature ? Demandez à Alex… ou à la Mairie de Paris.

Avant de l’abandonner pour le jaune et le bleu de ma terre rouge et or d’Espagne… Voici ma ville, encore elle, à travers une singulière carte et à travers la littérature, encore elle aussi. La Mairie de Paris vient de proposer sur son site et celui des bibliothèques municipales une initiative tout à fait réjouissante dont je vous fais part bien rapidement mais efficacement. Lire la suite

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Des vœux qui vaillent – littérature, cinéma… humanité ?

4 Jan

Forêt et colombe (1927), de mon cher Max Ernst. Toute ressemblance avec 2012…

L’heure est aux bons vœux, messieurs-dames. Alors oui, plein de bons vœux à foison pour tout le monde ! En espérant qu’il ne s’agisse pas, seulement, de vœux pieux. Pour ma part, j’en ferai deux… ou trois. Lire la suite

L’homme qui aimait les livres – Truffaut et la vérité

23 Fév

des livres derrière la tête

J’ai toujours considéré François Truffaut comme un parent familier mais assez éloigné dans ma cinéphilie. Bien sûr, je porte une affection particulière à la « trilogie » Baisers volés, Domicile conjugal et L’amour en fuite, ainsi qu’à Jules et Jim ou encore aux 400 coups (pour ne citer que les plus connus). Mais certains avaient échappé jusque-là Lire la suite

Bibliothèque de l’émotion

23 Sep

tranches de vies

Deux fois déjà que la question se pose cette semaine. Qu’est-ce que la littérature ? De là une autre question : qu’est-ce que le livre. Ou encore, qu’est-ce que lire. Ne comptez pas sur moi pour éclaircir la voie… Ce que j’en sais est de l’ordre du ressenti. Or, et vlan, autre question : comment transmettre un ressenti aussi profondément ancré dans ma caboche ? Hum. Voyons.

Les livres sont pour moi des rencontres. Avec l’auteur, avec la personne qui vous recommande une lecture, avec les libraires. Les livres sont aussi le partage. Le partage du monde, nourri de visions et d’expériences aussi riches qu’elles divergent d’une nature à l’autre. C’est le voyage, Lire la suite

« Je préférerais ne pas » (faire preuve de mauvaise foi)

17 Sep

Cette vieille branche de Melville

Il y a quelque temps, avec force vin blanc, j’entreprenais une conversation littéraire avec un beau Madrilène. Ce monsieur et moi avions en commun l’adoration béate de l’auteur autrichien Thomas Bernhard. Vraiment pas mal, ce Madrilène. Et puis au fil des verres et des exclamations, surgit Melville. Et qui dit Melville, dit Bartleby.

Contrariée par ce soudain glissement de terrain littéraire – quand diable ai-je lu Bartleby ? L’ai-je jamais lu ? Aurais-je pu l’oublier de la sorte ? – l’alcool et l’orgueil aidant, je fis le choix de l’imposture. Et quand mon charmant interlocuteur reprit la célèbre phrase du roman, « I would prefer not to », j’opinai de mon grand et ignorant bonnet, avec cet air de bien entendu sensé signifier l’approbation savante. Et puis hop, je me fendai de mon petit commentaire. Navrant. Je ne sais plus ce que je disais alors, mais l’homme approcha son visage du mien et dit sur un ton velouté : « Pardon, mais il n’y a pas auteur plus américain que Melville. » Doublement troublée, par sa remarque et par ce contact rapproché, je dévalai alors la pente la plus désastreuse qui soit : la mauvaise foi. Dans un sursaut, j’arguai que l’auteur était peut-être américain, mais portait les racines de l’Irlande, terre ô combien fertile en esprits littéraires. Le monsieur eut l’élégance de ne pas surenchérir, et nous arrivâmes enfin sur des terres plus hospitalières, le cinéma de Stanley Donen (ne me demandez pas comment, j’avais d’ores et déjà bu trop de vin blanc).

Reste que, honteuse d’avoir balancé des arguments dont j’ignorais s’ils étaient avérés, je fis à mon retour en France, ma petite recherche : Melville est bel et bien américain, mais son père était écossais, non pas irlandais. Il ne me restait plus qu’à lire Bartleby. Et éventuellement à présenter mes excuses.

Pour la lecture, c’est chose faite. Ce livre avait jusque là échappé à ma gourmande curiosité, et je ne m’en explique pas la raison. Car ce roman, plutôt une grande nouvelle tout au plus, possède une force d’évocation et une grâce amusée qui en fait (dit-on) l’un des monuments de la littérature mondiale, et surtout une délectable lecture. Où un étrange scribe pâle et décharné suscite le désordre dans une étude où il est sensé travailler, sauf qu’il préférerait « ne pas ». Cette « histoire de Wall Street » (sous-titre du récit) n’est pas sans évoquer l’absurde des histoires de Gogol, un Russe celui-là. Et bien soit, beau Madrilène : me voilà parée pour reprendre cette conversation quand tu voudras. Voyons comment tu t’en sors avec les Russes. Non mais alors.

(Ps. Je m’engage à ne plus jamais dévaler cette pente)

Bartleby (une histoire de Wall Street), Herman Melville, collections de poche