Tag Archives: Claudie Hunzinger

Ce qui n’a pas de prix (la littérature et la vie)

8 Jan

De la chance, oui… dans le Petit Bois toujours vert
(copyright: le talentueux Stéphane Vermorel, agence 154)

Mes Amis, en ce début d’année, tout d’abord : tous mes vœux ! De richesse de vue et de découvertes inoubliables (notamment). J’ai raté la Noël, le Jour de l’An, mais voilà voilà, je reviens enfin, avec du lourd – et il était grand temps. C’est que… Non, je ne suis pas ici pour tenir journal, et je suis sûre que vous ne m’en voulez pas une seconde pour mon absence… Commençons bien l’année, avec un petit panorama des œuvres qui n’auront pas ou peu couru les pages et écrans de la culture, et que j’ai gardées sous le coude de ma disponibilité. Ce sont là des lectures qui m’ont, moi, tout à fait emballée depuis septembre. Hors prix littéraires, ou presque. Hors grands boulevards… Et hors saison donc.

– Deux jeunes déjà grands, à l’avenir grandiose

Je parlerai d’abord de ces deux auteurs de la Rentrée 2012 qui ne cessent de m’éblouir, de livre en livre. Ces deux écrivains ont ceci de commun qu’ils tendent vers un universalisme (et un humanisme) Lire la suite

De l’amour des femmes, avec Claudie Hunzinger

21 Sep

De la poésie au féminin pluriel

Elles vivaient d’espoir est un premier roman. Mais la dame qui l’a écrit n’en est pas à sa première écriture. Elle est passée par la poésie, et la poésie ne l’aura pas quittée, qui illumine ces pages de bout en bout.

Sous ce titre bien justement emprunté à un vers de Paul Eluard, cette brève histoire raconte la vie de deux femmes, Emma et Thérèse. Elles traversèrent l’Entre-deux-guerres en s’aimant. Elles s’aimaient, elles rencontraient des hommes, cherchaient leur liberté sur ces chemins grand ouverts par Gide, Larbaud, les écrivains d’alors et les classiques qu’Emma enseignait.

Thérèse est décrite comme petite, presque frêle, mais ardente. Emma, elle, est solide et joyeuse mais… Mais surgit la seconde Guerre Mondiale. Les parcours se détachent, les questions se posent.

Comment expliquer le chemin d’une vie ? A quel événement, aussi infime soit-il, peut-on attribuer le changement ? Est-il possible qu’après avoir goûté à la liberté, l’on puisse s’en éloigner tout à fait ? Autant d’interrogations que soulève l’enquête – car c’est une enquête – menée sur ces deux femmes, à travers leurs correspondances. Claudie Hunzinger est la fille d’Emma. Elle est celle qui, à son tour, cherche.

Sous son écriture limpide et exigeante, défilent les années flamboyantes, les années de guerre, les défaites, l’espoir… et le désir, aussi capricieux que l’Histoire. Dans ce temps à part qu’est la littérature, ces destins contrariés revivent, et deviennent exceptionnels. Ils sont simplement beaux, comme un poème.

(Ps. voilà qui me donne envie de lire ou de relire les poètes… Prochain billet.)

Elles vivaient d’espoir, de Claudie Hunzinger, Editions Grasset, 246 pages, 19 E.