Tag Archives: Antoine et Isabelle

La tristesse des Samouraï espagnols

12 Fév

Idéaliste ce Miro, très certainement idéaliste…

C’était une triste journée, pour ceux qui croient aux avancées de la justice, au progrès, dans une Europe démocratique éclairée. Hein ? Quoi ? Eclairée ? Bon, oui, c’est pour le moins exagéré (cf. les extrêmes-droites en Hollande, Hongrie, Suisse, Autriche, et euh… France) mais il y a un peu de lumières par ci par là. De ceux qui préfèrent penser ainsi dont je suis, la tendance actuelle est de nous qualifier d’idéalistes… [vous avez remarqué ça vous aussi ? Dès que vous tentez de défendre une idée un tant soit peu humaine, Lire la suite

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L’histoire et l’Histoire – Antoine et Isabelle

4 Nov

On ne dit pas assez le bien qu’il y a à raconter une histoire – une vraie histoire (pourquoi pas une simple histoire, même) avec son début, son dénouement, et au milieu toute une toile d’événements historiques et une foule de personnages envoûtants. L’une de ces histoires où l’on devient protagoniste, presque enquêteur et complice de l’auteur, où l’on rêve et où l’on pense. Antoine et Isabelle fait partie de celles-là. Pour toutes ces raisons, et pourtant avec un titre tout simple, ce roman est très dur à résumer. Tâchons.

Antoine et Isabelle se rencontrent à Barcelone. Lui débarque de son village du nord de l’Espagne, elle vient d’Andalousie. Ils sont pauvres, mais le début de siècle catalan est plein de promesses. De l’autre côté des Pyrénées, la famille Gillet, elle, bâtit son empire industriel, de la soie à l’invention de la brosse à dents en nylon, en passant par le Zyclon B, ce gaz qui servit aux chambres à gaz. Les deux familles ne se croisent jamais, mais vivent le même XXe siècle, avec ses espoirs, ses catastrophes, et ses guerres. Voilà pour l’essentiel, et c’est pourtant peu dire.

Utopies et dynasties

Car Vincent Borel nous balade de la Jamaïque au Maroc, de l’Espagne à la France, aux Etats-Unis et ailleurs, avec un même et très grand talent de conteur. A partir de deux points de vue opposés, il offre, de son écriture aussi fine que puissante, un roman épique. C’est là presqu’un historien qui rendrait hommage aux rêveurs (bâtisseurs d’empire pour le pire, utopistes pour le meilleur) et aux siens : Antoine et Isabelle étaient ses grands-parents. Mais entre cette réalité et la fiction, la frontière est floue et – c’est là une force – peu importe. L’évasion, l’enquête, l’envoûtement, la réflexion, toutes ces merveilles que recèle une bonne histoire, sont garantis.

Antoine et Isabelle, de Vincent Borel, Editions Sabine Wespieser, 492 p., 24 E.

(Ps. Il va sans dire que ce livre-ci fait partie des exceptions notables dans la pâle actualité littéraire française – voir article du 29/10)