La rentrée littéraire : enfin des nouvelles… bonnes ou mauvaises

30 Sep

Choisissez le bon !

30 septembre : pile. Vous avez vu ça ? Dernier jour du mois, dernier carat, dernière heure pour vous donner enfin ces nouvelles… de la Rentrée littéraire. Car il s’agit d’abord de nouvelles. Il est hors de question que je fasse une liste aussi indigeste que certains pavés parisiens qu’il m’a été donné de lire cet été… Mais comme ça part dans tous les sens, ces choses-là, je préviens d’avance : je ne vous parlerai pas des rouleaux de pages compresseurs de saison (sauf un, un seul, et génial, bientôt…), juste quelques recos du bon comme du mauvais côté des poids lourds annoncés, et hop, mes trois préférés, hors des clous.

Brièvement, je vous recommande de lire trois auteurs : Véronique Ovaldé (pour l’ouverture), Emmanuel Carrère (pour le souffle), David Grossman (pour tout !) plus, singulier bonus, Céline Minard (pour l’écriture). Mais comme vous avez de quoi vous informer ailleurs sur ces auteurs-là, j’enchaîne.

Ne lisez pas ces trois-là : le dernier Paul Auster (l’autoroute pépère), Laurence Tardieu (le drame nombriliste ennuyeux) et surtout tenez-vous éloignés d’Amélie Nothomb qui année après année, toujours plus bas, tombe. Notez bien que je cite ceux dont vous aurez forcément entendu parler ici ou là, et souvent en bien – bon sang de bois !

Mais voilà ce qui a soulevé chez moi frémissement, jubilation, rires et plaisirs… Avec ces nouveautés-là, vous en aurez croyez-moi pour votre argent (car les nouveautés, même si j’oublie ça coûte quand même un peu de sous…) :

Preum’s

Julian Barnes, Pulsations.

Le Sieur anglais, auteur du fameux Perroquet de Flaubert et d’une Histoire du monde en 10 leçons et demi, offre avec grand cœur ces Pulsations d’une intelligence, d’une beauté et d’une drôlerie… sidérantes. Il sait tout faire ce type-là, tout écrire, il vous fait autant rire que pleurer, avec un même et immense talent. Puis d’une nouvelle à l’autre, vous vous retrouvez à la table d’amis so britishement cinglés, ou meurtri dans un jardin anglais, ou encore bouleversé en Ecosse, stupéfait en Autriche. Aujourd’hui, hier, ou au XVIIIe siècle… peu lui importe, cet écrivain est Barnes, donc il réussit tout. Pas une page ennuyeuse, pas une nouvelle moins bonne que l’autre, et quand on commence, on se rend vite compte que page après page, ça va être encore meilleur. Best is always to come: we are so, so pleased Mister Barnes. Thank you so very much pour ce merveilleux cadeau (ça se fait de remercier). Comme vos convives Phil, Joanna, Dick et les autres nous y invitent, je lève mon verre : Au plaisir !

Deuz’

Annabel Lyon, Le juste milieu.

Voilà un roman qui peut diviser : certains trouveront qu’elle en fait trop, cette jeune auteur canadienne, d’autres s’en amuseront. Moi je fais partie de ces derniers. Je me suis délectée de ce roman sur Aristote et Alexandre le Grand. Car oui, les héros ne sont pas n’importe qui, et n’ont pas été ici choisis n’importe comment ni n’importe où… C’est un peu la vie quotidienne de ces super gars-là qu’on suit allègrement, avec – au passage, et ça ajoute ô combien au plaisir de lire – une érudition irréprochable quant à l’histoire originale, la Grèce antique et le monde hellénique. Roman-divertissement sur la transmission avec style et information : voilà qui est impossible à lâcher. Le prof Aristote devient fun, l’élève Alexandre est décidément rock n’ roll, et moi j’ai à nouveau 12 ans, et ce n’est pas (je cite Aristote alors je peux le dire), mais pas du tout « casse-couilles » !

Troiz’

Sergi Pamiès, La bicyclette statique.

Peu de pages, grand effet. Ce Catalan, en peu de mots, vous embarque dans des atmosphères bizarres autant qu’étranges, mais pourtant concrètes… On se croirait en terres surréalistes, et cependant on est bel et bien en terres familières. Bref : vous aurez compris que son univers est singulier, puissant, et aussi très, très, très marrant. Je ne citerai qu’un exemple : « Trois façons de ne pas dire je t’aime… Petit 1. L’important c’est de participer ». Si vous n’avez pas même souri à cette dernière phrase… alors… peut-être… que vous devriez passer votre chemin. Mais non, non : lisez donc ce drôle de Pamiès – entre Ataraxie, Petit Prince et autres terrains vagues, sans qu’il soit question de petite reine, vous serez forcément séduits, pour ne pas dire conquis.

De ces trois grands plaisirs de ces derniers mois, vous noterez que deux sont des recueils de nouvelles. Je les prise fort, et vous recommande ce genre. Je ne crois pas qu’il s’agisse – comme on l’entend souvent – d’un exercice plus ardu que les autres, mais il est très difficile néanmoins, et le récit court est un vrai différenciateur de talent : impossible d’être mauvais, ou si c’est le cas… ça se voit en deux pages.

Bon, moi aussi je vais faire court ici les Amis parce que… et bien on m’appelle ailleurs. Mais j’annonce la couleur : le prochain grand auteur, hors prix littéraires, de cette Rentrée sera espagnol, et avec ce monsieur-là ça ne plaisantera pas ! J’ai nommé : le grand, l’unique, le señor escritor Arturo Pérez-Reverte. Ecrivain de polars, de romans historiques, d’aventures de femmes stupéfiantes, il revient avec le roman-somme qui n’assomme pas le lecteur : Cadix ou la diagonale du fou. Mais je vous en dirai plus très bientôt… Et avec ces 800 pages-là, ah là non, là, je ne m’économiserai pas !

– Pulsations, de Julian Barnes, traduit de l’anglais par Jean-Pierre Aoustin, éd. Mercure de France, 272 p., 22 euros. A relire aussi : L’histoire du monde en 10 leçons et demi, excellent excellent…

– Le juste milieu, d’Annabel Lyon, traduit de l’anglais (Canada) par David Fauquemberg, éd. La Table Ronde (Quai Voltaire), 324 p., 21 euros.

– La bicyclette statique, de Sergi Pamiès, traduit de l’espagnol (catalan) par Edmond Raillard, éditions Jacqueline Chambon, 107 p. 14,50 euros. Au passage, je mentionne un autre Catalan excellent et hilarant : Quim Monzo (même éditeur), avec par exemple « Mille Crétins ».

Ps. Pour les prix littéraires il est un peu tôt, mais de toute façon je ne pense pas en parler… nous verrons.

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