Sons et visions – Le temps et Le reste du temps

25 Sep

Qu’on se souvienne de la chanson d’Aznavour« Le temps d’un jour, temps d’une seconde, le temps qui court, ou celui qui gronde… » Je m’aperçois que mon rapport au temps est faussé dernièrement – je ne parle pas de la météo. Pourtant je n’ignore pas que comme dit Charles, la vie est faite « du temps des uns et du temps des autres… »

en ce moment en concert à l’Olympia

Je suis plus impatiente, plus fébrile qu’en temps normal. Les romantiques penseront : « bah, c’est qu’elle doit être amoureuse ! » Meuh non. C’est que ce rapport au temps heureux a disparu de ma vie pendant un moment. Tout le monde a connu ça, pas vrai ? Non pas que je n’aie rien vécu, mais pendant un moment je n’ai rien vécu de vraiment grisant. Mon temps d’aujourd’hui est donc, aussi, influencé par la frustration passée. Et par l’adversité actuelle. C’est un peu ainsi :

sortie d’un nouvel album fin octobre avec… Metallica

Pas le temps, je n’attends pas, m’impatiente quand je sais qu’il est question de réjouissances, amicales, professionnelles… personnelles. C’est une forme de movida en fait, qu’expérimentent tous ceux qui ont vécu sous un joug – relation conflictuelle, maladie, contrat de travail… –. Une fois recouvrée la liberté, on la mesure tant qu’il est douloureux de ne pas en jouir. Car ça veut dire renouer avec soi, ses envies, les partages et les engouements. Roue libre, chapeaux de roue, quatrième vitesse… Sans néanmoins céder à la moindre impulsion (car on se bride tout de même !), on pense faire alors de bons choix – et je ne parle pas de choix de bagnole, élection nettement moins engageante, périlleuse, ardue et incertaine que d’autres.

vient de paraître sur les Beatles, un nouveau et beau livre richement documenté intitulé Discomania

Avec tout ça, les minutes comptent. Les heures sont longues. Les nuits trop courtes. L’horloge devient assourdissante. Et quand vient le moment : on va trop vite. On presse, trop. Et on vire dans le décor, dérapage incontrôlé. Blam. Un peu comme dans les comédies d’Howard Hawks. Sur le rythme effréné, Bringing up Baby (L’impossible Monsieur Bébé) est un excellent exemple. Ici, le méfiant et rationnel Cary Grant à lunettes subit l’assaut et l’énergie de la tourbillonnante Katherine Hepburn (il faut voir le film en vo – comme toujours mais ici en vf c’est vraiment insupportable) :

(tout lien vers ce film n’a pas l’air de fonctionner normalement, alors faites un tour sur la plate-forme en cliquant et revenez ! Même si vous n’êtes pas « fluent » in english, cette scène d’anthologie fonctionne pareil…)

Reprenons : ajoutez au rythme endiablé un peu d’impulsivité, et adieu Berthe. Ce qui me rappelle maintenant le personnage féminin de cette comédie enlevée et réussie, incarné par Karin Viard (révélée par ce film) :

(cette fille me fait franchement marrer)

Bref, en temps normal, si je ne suis pas d’un naturel tout à fait patient, je sais attendre. Pour preuve, je n’ai jamais dépouillé un cadeau de Noël avant l’heure. Je respecte même les feux de circulation et n’agonis pas d’insultes les amies retardataires (clin d’œil appuyé). Mais « le temps qui passe ne se rattrape guère », et puis je me souviens aussi de cette sentence de l’éloquent Mirabeau :

« Gardez-vous de demander du temps, le malheur n’en accorde jamais. »

Contradictoire rêve de la lenteur grisante, « juste milieu » à trouver : j’ai hâte, oui, j’ai grandement hâte de prendre du bon temps, de prendre mon temps. Le reste du temps – ça, c’est le rêve. « Tout vient à point » disiez-vous, Jean ?

– Est-il nécessaire que je rappelle les discographies de Charles Aznavour, des Beatles, de Francis Cabrel ? Non.

– The Beatles Discomania, par François Plassat, Hugo & Cie, 192 p., 25 euros.

– Diego Pelaez, chanteur vénézuélien… dont je ne connais pas grand chose ! Sauf son autre chanson : « Abre la puerta ».

– De Lou Reed je recommande la totale, mais ptêt pas Metallica… Prochainement sur le blog.

– Bringing up Baby (L’impossible Monsieur Bébé, 1938), et les comédies d’Howard Hawks, en DVD. Je citerai ma préférée : I was a male war bride (Allez coucher ailleurs, 1949), toujours avec Cary Grant, irrésistible (le film comme l’acteur).

– La nouvelle Eve (1998), de Catherine Corsini, avec Karine Viard, Pierre-Loup Rageot, Catherine Frot… En DVD.

(Ps et Nota bene. 1. Je sais c’est éclectique tout ça, mais c’est comme ça, rappel : Mademoiselle fait feu de tout bois. 2. Difficile de trouver de bonnes vidéos : la latino tient un propos rigolo mais qui n’a rien à voir, le lien Hawks sans sous-titre ne fonctionne pas normalement, la scène de la Nouvelle Eve que je cherchais est introuvable… Soupir. Bon, ça donne une petite idée, je pense. 3. Livraison livres la semaine prochaine.)

Joug jouets et joie

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