Les émotifs moments de cinéma marrant

15 Mai

De l'art difficile de la rencontre, ou de l'art des difficiles rencontres

Comme je suis pas mal sortie cette semaine, j’ai passé une partie de ce dimanche à l’abri, dans mon canapé… Avec du ciné. Du confort. Comme tout le monde. Hasard ou coïncidence (auxquels je ne crois pas), je me suis fait une programmation spécial comédies romantiques – mais attention, des jolies, des qui rappellent les grands films de l’âge d’or hollywoodien, avec un petit truc bien français, bien givré en plus. Où l’on ne montre pas qui l’on est, où l’on essaie de le faire trop ou pas assez échec assuré, où les apparences sont bien évidemment trompeuses, où l’on a peur (« toute ressemblance… »). Dans ce cinéma, la vulnérabilité et les circonvolutions des êtres à l’heure des rencontres amoureuses font rire, font du bien… voire consolent ! Les DVD sortent ces jours-ci : à vos lecteurs…

D’abord, De vrais mensonges. Je suis fidèle bon an mal an aux films de Pierre Salvadori, car j’y trouve toujours une gourmandise. C’est encore le cas avec cette dernière sortie, même si le cinéaste y est moins brillant (m’est avis) que du temps des Apprentis ou de Cible Emouvante, où la regrettée Marie Trintignant demandait nonchalamment aux hommes qui trouvaient grâce à ses yeux : « Combien vous pesez ?… » On retrouve chez Salvadori cet art, plus ou moins inspiré donc, des comédies de séduction des années 30 et 40 – le réalisateur le dit lui-même : c’est un grand amateur de Hawks et des maîtres de ce genre-là. Ici, le formidable Samy Bouajila est l’admirateur éperdu de l’efficace Audrey Tautou, qui tente de secouer sa mère, l’abatteuse Nathalie Baye. On se laisse aisément et plaisamment porter par le charme des dialogues de cette comédie qui rappelle par moments The shop around the corner, du très, très, très regretté Ernst Lubitsch.

Après l’agréable, le délectable : Les émotifs anonymes, par Jean-Pierre Améris. De ce réalisateur, je n’avais vu que le très beau (et très fort) C’est la vie, avec Dutronc et Bonnaire. Rien à voir ici, et c’est encore de la belle ouvrage. Les émotifs, ce sont l’excellente Isabelle Carré et l’impeccable Benoît Poelvoorde, dont les personnages souffrent d’une émotivité si grande qu’elle les empêche de vivre leur vie pleinement. Ils avancent dans l’existence comme ils peuvent, avec pour consolation et occupation le chocolat (le vrai, celui qui n’a rien à voir avec le sucre, comme il est rappelé dans le film). Evidemment, les chemins se croisent, et c’est aussi drôle que touchant, par la grâce des acteurs et l’univers joliment excentrique dans lequel ils évoluent. Quand Elle se répète pour se rassurer « j’ai confiance en moi, j’ai confiance en moi… », Lui confie dans une belle fragilité à son psy sa « peur du couple, de ses problèmes, des angoisses du couple… » transmise par une éducation du « surtout ne rien faire, ne pas prendre de risque : pourvu qu’il ne nous arrive rien ! » Quel beau film, original, rare, sans lourdeur aucune et avec des moments de sincérité superbes. Particulièrement attachant, particulièrement rassurant. Mais il faut dire que je suis particulièrement émotive.

De ces deux œuvres, je souris encore ce soir de certains moments. Et toute à mon plaisir, cela m’a rappelé un autre film français, hilarant et bienfaisant également, sur l’indécision, l’inconfort et donc la maladresse de certaines situations : Dieu seul me voit, de Bruno Podalydès. Le réalisateur est ici dans ses grandes heures (ses derniers films m’ont déçue, j’avoue), avec son frère Denis dans le rôle principal bien sûr. Exemple : – Elle : Je veux un homme qui me montre qu’il me veut, qui produise un acte moteur – Lui : Ah ben là c’est foutu. Ou encore : – Lui : Moi je ne sais pas ce que je poursuis. – Elle : Moi. Tu me poursuis Moi. Je n’ai hélas pas retrouvé sur le web cette scène entre Denis Podalydès et Jeanne Balibar, où il est aussi question d’un irrésistible zigouigoui… mais rien qu’à visionner les bandes-annonces, ça m’a donné envie de le revoir. Je vous laisse avec un autre extrait qui me fait beaucoup rire et hop, à mon lecteur…

– De vrais mensonges, de Pierre Salvadori, en DVD le 25 mai

– Les émotifs anonymes, de Jean-Pierre Améris, en DVD depuis le 27 avril

– Dieu seul me voit (Versailles-Chantiers), de Bruno Podalydès, en DVD depuis belle lurette

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6 Réponses to “Les émotifs moments de cinéma marrant”

  1. lio mai 16, 2011 à 10 h 10 min #

    tu as remarquée que dans la scene aux emotifs anonyme il y a gregoire notre ancien standardiste , tu l’avais croisée a l’agence je pense

  2. bullesdinfos mai 16, 2011 à 10 h 41 min #

    J’ai vu Les émotifs anonymes au cinéma et j’avais beaucoup aimé. Très joli film un peu ovni, j’avais beaucoup aimé sa délicatesse et le jeu tout en finesse des acteurs.

    • bullesdinfos mai 16, 2011 à 10 h 42 min #

      Pfff je me relis et « j’avais beaucoup aimé » 2x ça va on a compris !

      • mademoiselledupetitbois mai 16, 2011 à 10 h 56 min #

        Ahahah c’est bien l’effet de ce film : coup double d’enthousiasme ! J’ai revu « Dieu seul me voit » donc (1997… vache comme le temps passe) : qu’est-ce que c’est drôle! Et complètement ovni.

      • mademoiselledupetitbois mai 16, 2011 à 11 h 20 min #

        C’est parce que tu es trop émotive ! ;-)

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