L’homme qui aimait les livres – Truffaut et la vérité

23 Fév

des livres derrière la tête

J’ai toujours considéré François Truffaut comme un parent familier mais assez éloigné dans ma cinéphilie. Bien sûr, je porte une affection particulière à la « trilogie » Baisers volés, Domicile conjugal et L’amour en fuite, ainsi qu’à Jules et Jim ou encore aux 400 coups (pour ne citer que les plus connus). Mais certains avaient échappé jusque-là à mon regard. J’ai donc vu cette semaine La peau douce avec Jean Dessailly et Françoise Dorléac, et L’homme qui aimait les femmes avec Charles Denner. Et j’ai été frappée à cette occasion – cela pourra paraître évident à certains d’entre vous, pardon – par le lien étroit qu’il y a entre cinéma et littérature dans ces deux-là.

Quel plaisir de se promener dans un univers de livres, de rues parisiennes et… de jambes de femmes ! L’homme qui aimait les femmes n’est pas écrivain mais écrit un livre, dans un appartement rempli de livres (ce personnage « cavaleur » ne m’a pas emballé je dois dire, mais je l’ai trouvé tout de même crédible). L’homme Dessailly qui poursuit la Peau douce dirige, lui, une revue littéraire, écrit des essais sur Balzac (l’influence préférée du réalisateur), et cite dans un très beau moment quelques-unes des dernières lignes d’André Gide :

« Je ne porte pas de doctrine, je me refuse à donner des conseils, et dans une discussion je bats en retraite aussitôt. Mais je sais qu’aujourd’hui certains cherchent en tâtonnant, et ne savent plus à qui se fier.

A ceux-là je viens dire :

Croyez ceux qui cherchent la vérité,

Doutez de ceux qui la trouvent,

Doutez de tout,

Mais ne doutez pas de vous-même. »

très belle affiche pour très beau film

Voilà le lien entre François Truffaut et la littérature : la quête de vérité. On pensera que c’est là un dénominateur commun aux artistes : hélas, non. Chez lui, qui a écrit la plupart de ses scénarios et adapté pas mal d’œuvres littéraires, l’image s’ajoute à l’écriture à la musique à la personnalité, à toutes parts égales et cela devient tout un, unique et universel. Si certains aspects de ces films sont délicieusement datés (l’hôtesse de l’air, la Citroën DS et les bas zibeline), ils touchent donc toujours par la justesse et l’écriture si fine des émotions. Des images-pages, films-romans sur la vérité à définir toujours, en création comme en amour.

(Ps. Il y aurait fort à dire sur la présence distante de la littérature dans les films de Truffaut, mais j’ai pas vraiment envie de faire de ce papier une thèse…)

La peau douce, 1964,

L’homme qui aimait les femmes, 1977,

et toute l’œuvre de Truffaut disponible en DVD.

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5 Réponses to “L’homme qui aimait les livres – Truffaut et la vérité”

  1. MINOTOR août 11, 2011 à 9 h 17 min #

    Bonjour,

    Pas de commentaire sur ce billet depuis tout ce temps ? quel dommage ! C’est pourtant un beau thème.

    Même si je ne suis pas un fan de Truffaut, il a fait deux trois merveilles dont le « Fahrenheit 451 » qui se termine de façon très très belle. Il est question de livres, de livres et encore de livres.

    C’est aussi très beau de voir l’évolution du héros Montag et de sa découverte de la lecture… je recommande ce film à tous les amateurs de Truffaut et de livres.

    Si vous n’avez pas aimé, je rembourse l’achat.

    • mademoiselledupetitbois août 11, 2011 à 13 h 35 min #

      Eh ben je n’ai pas vu Fahrenheit 451 ! Je vais donc y remédier bien vite (par élégance je me garderai toutefois de présenter une facture en cas de déception). Quant aux commentaires, il faut dire que je ne fais pas franchement d’efforts pour communiquer sur la toile… (je reçois ces commentaires de vive voix en général !)

    • mademoiselledupetitbois novembre 4, 2011 à 22 h 11 min #

      Bonjour,
      Je viens (enfin) de voir Fahrenheit 451, et je ne peux pas ne pas vous remercier de me l’avoir recommandé. J’avais écarté Ray Bradbury à l’adolescence, plus branchée à l’époque par La peau de chagrin que par les Chroniques martiennes. Bref : j’ai adoré ce film, brillants scénario et dialogues d’un livre que j’imagine forcément génial (hop, dans l’escarcelle, telle un Montag). Et puis en bonne bibliodingue, je n’ai pas pu m’empêcher de guetter les couvertures et les clins d’œil (Genet, Les frères Karamazov, Aristote… Balzac justement et Bradbury of course). J’étais évidemment anxieuse de connaître le livre choisi par le pompier ! Et quel choix pertinent. Merci encore, j’espère par ailleurs que ce message vous trouvera en bonne forme. Bien à vous, A.

  2. Boudet novembre 16, 2012 à 15 h 48 min #

    C’est un génie. Tout ses films sont inoubliables.

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