Solution à l’indigestion : la cuisine de Dumas

19 Déc

cadeaux empoisonnés

Je suis en avance sur le calendrier. Et très en retard. En avance parce que j’ai déjà une indigestion, de celles qui surgissent en fin d’année, mais la mienne est littéraire. Et du coup je suis très en retard, car cause indigestion, je n’arrive plus, mais plus du tout à lire.

Ces pannes de lecture arrivent à tous les lecteurs je crois bien. Sauf que dans mon cas, ça s’entasse sur l’étagère, comme vous pouvez le voir. Et tout ça c’est pour la rentrée de janvier – cela fait partie de mes « obligations » professionnelles (je mets des guillemets à « obligations » car même en panne, je ne perds pas de vue que c’est un privilège de lire pour gagner, même peu, sa vie). Là, ceci étant, c’est tout de même galère. Même si la galère c’est aussi de saison, comme l’indigestion.

Je n’aime pas les fêtes de fin d’année. Je n’aime pas être en panne. Mais si je ne peux rien contre la Noyelle et la Saint-Sylvestre, j’ai la solution à mes pannes, que je n’hésite pas à vous communiquer. Le plus souvent, il me suffit d’acquérir un nouvel Alexandre Dumas*. Il s’y entend le bougre pour réconcilier les lecteurs avec la lecture. Quand on ouvre un livre de ce cher Alex (oui je suis assez familière avec lui), il est impossible de le lâcher. 800 pages en moyenne, et du plaisir, de la régalade à chaque page. Cela tient beaucoup au fait que lors de la parution de ses romans, ceux-ci étaient publiés en feuilletons dans la presse. Il fallait alors cueillir le lecteur dès les premières lignes, et achever chaque chapitre avec assez de suspense pour susciter une envie dévorante de lire la suite. En fait, Alex est peut-être bien l’inventeur du cliffhanger, ce même procédé employé dans les séries télé**.

Monstre sacré cet Alex

Mais au-delà de son sens du suspense, il y a son style, et ses sujets. Il réinvente la Reine Margot, D’Artagnan (et ses Mousquetaires), Marie-Antoinette (Le Collier de la reine), le comte de Cagliostro (Joseph Balsamo), Pierre Picaud (Edmond Dantès, l’extraordinaire Comte de Monte Cristo)… Ou encore Diane de Méridor, belle Dame de Monsoreau, puis les Duc d’Anjou, de Guise, les Médicis, et j’en passe. Toute la grande Histoire de France, réécrite avec plus ou moins de véracité et une imagination ébouriffante, par un bonhomme gourmand dans la vie et dans son art, qui garde toujours à l’esprit le divertissement et le plaisir du lecteur.

Quand on lit Alexandre Dumas, on a, à tout prendre, une douzaine d’années. Il fait de ses lecteurs des enfants subjugués par l’histoire qu’on leur raconte. C’est imparable. Je vais donc filer à la librairie : le seul avantage qu’il y a pendant les fêtes, c’est que les magasins sont ouverts le dimanche. Mais ahhh la la, voilà qui me rappelle encore l’une des barbaries de la période : les vacances de Noël c’est pas pour tout le monde. Une pensée, donc, pour ceux qui bossent comme des tarés dans le commerce. Et en particulier pour les libraires, dont les salaires ne sont en général pas à la hauteur du mal qu’ils se donnent, et de la beauté de leur métier.

(Ps. Je reviens dès que je retrouve mon panache)

* Je recommande, à défaut de Pléiade, les grands romans édités dans la collection Bouquins, éditions dont l’appareil critique (à surveiller dans les autres) doit être signé Claude Schopp, Le spécialiste passionné de l’œuvre de Dumas en France.

** La première série dans le genre qui me vient à l’esprit est celle que j’ai découvert il y a peu, Breaking Bad : excellente, et diffusée en France sur Arte.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :