Le Panthéon cinéphile # 1 : Elia Kazan et Blake Edwards

17 Oct

Pour le plaisir des genres cinématographiques

Je n’ai pas encore parlé de mon addiction au cinéma : c’est pourtant l’un des piliers sur lesquels je m’appuie pour – comme avec les livres – essayer un peu de comprendre un peu ce monde, puis pour ne pas sombrer tout à fait quand tout autour de moi me paraît s’effondrer (ou est-ce moi qui m’effondre). Le cinéma est l’une de mes planques préférées.

Vaille que vaille, quel que soit mon état, il m’offre toujours confortable refuge, et sujet(s) à réflexion. Où je me réconcilie avec l’humain. Comme pas mal de mes contemporains, je suis allée voir Des hommes et des dieux. Je connaissais la tragédie des moines de Tibhirine, mais je voulais comprendre : pourquoi, se sachant en danger, ces « hommes de Dieu » sont-ils restés dans leur monastère ? J’ai compris, et le réalisateur Xavier Beauvois trouve la bonne distance pour raconter l’engagement de ces hommes, les doutes qui les assaillent, et la fraternité qui les unit. Pudeur et splendeur des images. Lenteur bienvenue, sans pesanteur. Je recommande.

Mais c’est plutôt sur les « vieux films » que je porte le plus souvent mon dévolu. Ils n’ont de « vieux » que leur date de réalisation. Je reviendrai plus tard sur mes Dieux à moi : Lubitsh, Wilder, Mankiewicz, pour ne citer que la trinité. Car il y en a beaucoup d’autres. Chaque semaine je comble une lacune, qu’il s’agisse de drames ou de comédies. Cette semaine : Elia Kazan. Parmi mes films-cultes figurent Splendor in the grass (La fièvre dans le sang en VF, mais je trouve le titre original plus flamboyant) et America America. Cette fois-ci j’ai découvert L’arrangement (1969, Kirk Douglas/Faye Dunaway) – vraiment pas son meilleur, chaque situation est pour ainsi dire surlignée par la caméra, ça devient lourdingue à force. Puis j’ai à nouveau scruté la merveilleuse interprétation black and white de Blanche Dubois par Vivien Leigh dans Un tramway nommé désir.

Vivien et la vulnérable beauté

Bouleversante figure de vulnérabilité. La pièce de Tennessee Williams me paraît plus intense au cinéma qu’au théâtre.

Mais voilà, voilà LE film qui m’a fait « revenir parmi les vivants » : Victor Victoria. Rien à voir avec les films de Kazan (je crois que le monsieur manquait singulièrement d’humour). Ici, c’est l’immense Blake Edwards qui réalise. Victoria est « une femme qui se fait passer pour un homme qui se fait passer pour une femme » pour gagner sa croûte dans les cabarets parisiens des années 30. Victoria par Julie Andrews est pétillante, drôle et sacrément professionnelle. Les hommes sont délicieusement décadents : James Garner dans l’amoureux mafieux sur les bords, et surtout le géant Robert Preston, queen/queer généreux et facétieux. Je l’avais déjà vu, mais bon sang comme j’aime ce cinéma-là : burlesque, sourire à chaque plan, intelligence de l’œuvre, et démesure. Du qui re-donne envie de vibrer, de chanter et de danser. You and me. So divïne.

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2 Réponses to “Le Panthéon cinéphile # 1 : Elia Kazan et Blake Edwards”

  1. bullesdinfos octobre 17, 2010 à 15 h 15 min #

    Ah Julie qui pétille autant que Vivien déraille. Je garde un souvenir très fort d’avoir vu ma Scarlett (ah oui c’est MA Scarlett) si démunie alors.
    Quant à Julie Andrews, c’est bête mais elle reste pour moi Mary Poppins, un des premiers films que j’ai vus au cinéma.

  2. mademoiselledupetitbois octobre 17, 2010 à 17 h 09 min #

    Mame Scarlett habillée en écarlate qui se rend chez « Melie » alors que tout le monde croit qu’elle s’est tapé Ashley… La nervosité-même. Ce film-là aussi fait partie du panthéon ! J’adore. Par contre (bizarrement) j’ai jamais vu Mary Poppins…!

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